Le président du Conseil européen, António Costa, s’est entretenu le 17 mars avec Viktor Orbán pour tenter de débloquer un paquet de crédit européen de 90 milliards d’euros en faveur de l’Ukraine, bloqué par la Hongrie. En parallèle, Bruxelles cherche à régler le différend autour de l’oléoduc Druzhba, au cœur du veto hongrois. Volodymyr Zelensky a accepté de laisser des experts de l’Union européenne inspecter l’infrastructure.

Costa intervient auprès d’Orbán

António Costa a appelé Viktor Orbán le 17 mars pour tenter d’obtenir la levée du veto hongrois sur un crédit européen de 90 milliards d’euros destiné à l’Ukraine.

Le dossier Druzhba au cœur du blocage

La Hongrie lie son feu vert à l’aide européenne à des garanties sur la reprise des livraisons de pétrole via l’oléoduc Druzhba vers la Hongrie et la Slovaquie.

Zelensky accepte des inspections européennes

Le président ukrainien a accepté que des experts de l’Union européenne inspectent l’oléoduc, un geste présenté comme une concession dans le différend énergétique.

Bruxelles propose un financement

L’Union européenne a proposé d’aider à financer la reconstruction de l’oléoduc afin de sortir de l’impasse politique avec Budapest.

La Moldavie touchée par une frappe russe

Selon Reuters, une frappe russe contre une centrale hydroélectrique ukrainienne a pollué l’eau alimentant Soroca, en Moldavie.

Le président du Conseil européen, António Costa, a eu le 17 mars un entretien téléphonique avec le premier ministre hongrois, Viktor Orbán, afin de le pousser à débloquer un 90 (billion euros) — paquet de crédit de l’Union européenne pour l’Ukraine de 90 milliards d’euros, bloqué par la Hongrie. Cet échange est intervenu alors que Bruxelles cherchait à résoudre un différend lié à l’oléoduc Druzhba, différend sur lequel repose le veto de Budapest. Selon El Mundo, António Costa a demandé à Viktor Orbán de respecter les engagements pris au Conseil européen. L’appel a eu lieu au moment où le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a accepté d’autoriser des experts de l’Union européenne à inspecter l’oléoduc Druzhba, une concession qui marque une évolution de la position de Kiev dans ce contentieux énergétique. D’après ANSA, l’Union européenne avait auparavant demandé à Kiev un calendrier précis pour la réparation de l’oléoduc afin de garantir la reprise des flux de pétrole vers la Hongrie et la Slovaquie. Bruxelles a également proposé de contribuer au financement de la reconstruction de l’infrastructure dans le cadre de ses efforts pour mettre fin au veto hongrois sur l’ensemble du paquet d’aide financière.

Budapest lie des milliards d’aide à une échéance sur la réparation de l’oléoduc Le blocage par la Hongrie du crédit européen à l’Ukraine s’est concentré sur l’état de fonctionnement de l’oléoduc Druzhba, qui achemine du pétrole vers la Hongrie et la Slovaquie. Selon Focus et nextgazetapl, Viktor Orbán a subordonné le soutien de son pays au paquet d’aide à des garanties sur la reprise des approvisionnements pétroliers via cette infrastructure. D’après NCZAS.INFO, une date de reprise des flux de pétrole vers la Hongrie et la Slovaquie a été fixée, mais aucune information confirmée ne permet d’établir la date précise mentionnée dans ce compte rendu. L’offre de l’Union européenne d’aider à reconstruire l’oléoduc constitue un engagement financier et politique important de la part de Bruxelles pour sortir de l’impasse. Le site events.interia.pl a indiqué que Volodymyr Zelensky avait reçu un rappel à l’ordre de Bruxelles au sujet du différend sur l’oléoduc, ce qui illustre la pression exercée sur Kiev par ses partenaires européens. El Confidencial a présenté l’accord de Zelensky en faveur d’inspections européennes de l’oléoduc comme une concession susceptible d’ouvrir la voie à la levée du veto hongrois.

Le différend autour de Druzhba s’inscrit dans des décennies de dépendance énergétique L’oléoduc Druzhba est en service depuis 1964, ce qui en fait l’un des réseaux pétroliers les plus anciens et les plus vastes au monde. La Hongrie et la Slovaquie figurent parmi les États membres de l’Union européenne les plus dépendants du pétrole brut russe livré par cette infrastructure, héritage des réseaux énergétiques de l’époque soviétique. La poursuite de son fonctionnement est devenue à plusieurs reprises un levier politique dans les différends entre l’Ukraine, la Russie et des États d’Europe centrale. Plus largement, le paquet de soutien financier de l’Union européenne à l’Ukraine a fait l’objet de veto et de reports répétés liés aux objections formulées par la Hongrie dans plusieurs domaines d’action publique. Le différend sur l’oléoduc place Kiev dans une position délicate, entre ses décisions relatives aux infrastructures énergétiques en temps de guerre et la nécessité de préserver le soutien financier de l’Union européenne. Le fait que Bruxelles présente la réparation de l’oléoduc comme un intérêt européen commun, et non comme une question strictement bilatérale entre l’Ukraine et la Hongrie, traduit la volonté du bloc de dépolitiser la question technique du transit pétrolier. Selon ANSA, la demande de l’Union européenne adressée à Kiev en faveur d’un calendrier de réparation concret montre que le bloc considère la remise en état de l’oléoduc comme une condition préalable au règlement du veto hongrois. L’appel direct d’António Costa à Viktor Orbán souligne l’urgence que la direction du Conseil européen attache au déblocage du paquet de crédit soutenu par le Conseil européen.

Une frappe russe sur une centrale hydroélectrique ukrainienne perturbe l’approvisionnement en eau en Moldavie Par ailleurs, une frappe russe contre une centrale hydroélectrique ukrainienne a provoqué une pollution qui a interrompu l’approvisionnement en eau de la ville moldave de Soroca, a rapporté Reuters le 17 mars. L’attaque a endommagé des infrastructures de la centrale, libérant des polluants qui ont rendu inutilisable l’eau destinée à Soroca. L’incident illustre les conséquences régionales plus larges des frappes militaires russes contre les infrastructures énergétiques et hydrauliques de l’Ukraine, au-delà des frontières ukrainiennes jusque dans la Moldavie voisine. D’après les informations disponibles, aucune donnée confirmée n’a été fournie sur le nombre d’habitants touchés ni sur la durée attendue de cette interruption de l’approvisionnement en eau.

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